Profession (nom féminin, subst. féminin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Déclaration publique d'un sentiment habituel. "Je fais d'être votre obligé, j'en fais une publique, une solennelle. Les sentiments dont il fait . Il fait de principes fort sévères, fort relâchés. Il fait publique d'athéisme. Il fait hautement de vous être attaché."
"Faire d'une chose," Y mettre de la prétention, s'en piquer particulièrement. "Il fait d'être sincère, de tenir sa parole. Il fait de haine et de mépris pour le genre humain. Il fait de bel esprit."
"Faire d'une religion," L'exercer, la pratiquer ouvertement. On dit aussi "Faire d'une doctrine."
"Profession de foi," Formule qui contient les principes de religion auxquels on déclare publiquement adhérer. Par extension, il se dit d'un Écrit où un candidat à la députation ou à quelque siège électif expose ses opinions politiques et sociales. Il signifie encore, d'une façon générale, Déclaration de principes philosophiques, sociaux, littéraires, artistiques.
PROFESSION désigne encore, en termes ecclésiastiques, l'Acte par lequel un religieux ou une religieuse fait les voeux de religion, après que le temps de son noviciat est expiré. "Assister à la d'un religieux, d'une religieuse. Il a fait dans tel ordre. Un religieux, une religieuse ne peuvent faire qu'à un certain âge. Depuis sa . Il a trente années de ."
PROFESSION se dit aussi des Différents états et emplois de la vie civile ou militaire. "De quelle est-il? Quelle est sa ? Embrasser une . Choisir une profession. Vivre selon sa . La d'avocat, de médecin. La des armes. Exercer une . Il a une fort honorable. Il est habile dans sa . Il s'y trouva des gens de toutes sortes de s. Il est ingénieur de ."
"Un savant de , un érudit de ," Un homme qui se consacre à l'étude des sciences, à l'érudition.
"Un dévot de ," Un homme qui affecte de passer pour dévot. "Un athée de ," Un homme qui affiche l'athéisme.
"Un joueur, un ivrogne, un libertin de ," Un homme qui est dans l'habitude de se livrer au jeu, à l'ivrognerie, au libertinage.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Déclaration publique d'un sentiment habituel, d'une manière d'être habituelle.
SACI: « Ils reconnurent le Dieu véritable qu'ils faisaient de ne pas connaître »
MOL.: « Eux qui faisaient d'une sagesse si austère »
MOL.: « Moi, votre ami ! rayez cela de vos papiers ; J'ai fait jusques ici de l'être ; Mais.... »
BOSSUET: « L'Église ne peut subsister sans la de la vérité »
BOSSUET: « La du christianisme suffit pour faire partie du corps de l'Église, ce qu'il [Jurieu] avance contre M. Claude, qui ne compose le corps de l'Église que de véritables fidèles »
MASS.: « Vivre comme des impies sans aucune de culte »
VOLT.: « Ils [les sociniens] sont encore en grand nombre en Pologne, quoiqu'ils aient perdu la liberté de faire une ouverte de leurs sentiments »
    Faire d'une religion, l'exercer ouvertement.
    On dit de même : faire d'une doctrine.
    Familièrement. Faire d'une chose, s'en piquer particulièrement.
PASC.: « Que s'il [celui qui ne s'inquiète pas d'une autre vie] est avec cela tranquille, qu'il en fasse , qu'il en fasse vanité »
SÉV.: « La Providence, dont je devrais adorer tous les arrangements, faisant , comme je fais, d'être sa très humble servante »
SÉV.: « Il faut finir avec le même honneur et la même probité dont on a fait toute sa vie »
FONTEN.: « On avait déclaré les épicuriens incapables d'être initiés aux mystères, parce que c'étaient des gens qui faisaient de s'en moquer »
    Profession de foi, formule qui contient les principes de religion auxquels on est attaché.
D'ALEMB.: « Il [M. de Voltaire] donna à cet abbé Gaultier, qui la lui demanda, une de foi écrite tout entière de sa propre main, et par laquelle il déclare qu'il veut mourir dans la religion catholique où il est né »
    Profession de foi du vicaire savoyard, de déisme que fait Rousseau dans son Emile, et qu'il met dans la bouche d'un vicaire savoyard.
    Par extension, de foi, écrit qui renferme les opinions politiques et sociales d'un candidat à la députation ou de tout autre. Profession de foi, ou, simplement, monarchique, républicaine, etc.

 2   État, emploi, condition. La d'avocat, de médecin.
DESC.: « Un père et un frère qui ont fait des mathématiques »
SÉV.: « Le voilà reçu dans la qu'il doit faire »
VAUBAN.: « Je ne suis ni lettré ni un homme de finances, et j'aurais mauvaise grâce de chercher de la gloire et des avantages par des choses qui ne sont pas de ma »
FONTEN.: « Son père eut sur lui les vues communes des pères : il le fit étudier pour le mettre dans sa »
CONDIL.: « L'Europe serait aujourd'hui aussi ignorante, ou même elle serait à peine sortie de la barbarie, si les s avaient continué d'être héréditaires et exclusives »
VOLT.: « Tout homme a plus ou moins les vices de sa ; La Mettrie, dont vous me parlez, n'avait point ceux de la sienne ; car en vérité il n'était pas du tout médecin ; il cherchait seulement à être athée : c'était un fou, et sa était d'être fou ; mais ceux qui vous ont dit qu'il était mort repentant, sont de la des menteurs »
DUCLOS: « Il n'y a point de qui n'exige un homme tout entier »
    De , par la qu'on exerce. Tailleur de . Érudit de .
CONDIL.: « Les poëtes romains faisaient mettre les monologues en musique par des musiciens de »
    Fig. De , qui a l'habitude invétérée de.
MOL.: « Et de je ne suis point galant »
PASCAL: « Rien n'est trop hardi pour des calomniateurs de »
SÉV.: « Je ne comprends pas bien l'amour de »
BOURD.: « Des chrétiens de , mais qui, n'en ayant que le nom et que l'apparence, raisonnent sur l'autre vie comme des épicuriens »
HAMILT.: « Il était Suisse de nation, empoisonneur de »

 3   Acte qui consiste à faire solennellement les trois voeux de religion, qui sont pauvreté, obéissance et chasteté ; il suit le noviciat, et alors on est profès.
RAC.: « Marie-Angélique Arnauld, par un usage qui n'était que trop commun en ces temps-là, en fut faite abbesse, n'ayant pas encore onze ans accomplis ; elle n'en avait que huit lorsqu'elle prit l'habit, et elle fit à neuf ans »

 4   Anciennement. Action de professer, professorat.
BAYLE: « M. Grevius a reçu ses patentes d'historiographe du roi d'Angleterre, et, ayant demandé une diminution de travail académique.... on lui a donné un adjoint dans la des belles-lettres, qui fera la moitié des leçons de M. Grevius »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 80: Sovenir vos devreit de la professiun Qu'offristes sur l'autel à vostre enunctiun
    XIIIème siècle
     Liv. de jost. 193: Une dame prist robe de religion, ne n'i entra pas, ne ne fist , et puis geta l'abist et se maria
    XVIème siècle
CALVIN: « Il renonce en ses oeuvres le Seigneur, lequel il confesse de bouche, et par ainsi n'est chrestien que de titre et »
MONT.: « Un homme de ma [condition] »
MONT.: « Cesar parle des offices de sa pr ofession, de la vaillance et conduicte de sa milice »
ID.: « La religion de quoy vous faictes »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. professio ; espag. ; ital. e ; du lat. em, qui vient de professus, qui a exposé, déclaré (voy. PROFÈS).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Déclaration publique d'un sentiment habituel. "Je fais d'être votre obligé, j'en fais une publique, une solennelle. Les sentiments dont il fait . Il fait de principes fort sévères, fort relâchés. Il fait publique de déisme. Il fait hautement de vous être attaché."
Fam., "Faire d'une chose," Y mettre de la prétention, s'en piquer particulièrement. "Il fait d'être sincère, de tenir sa parole. Il fait de haine et de mépris pour le genre humain. Il fait de bel esprit. Il fait d'injurier tout le monde."
"Profession de foi," Déclaration publique de sa foi et des sentiments qu'on tient pour orthodoxes. Il se dit aussi, par extension, en parlant Des sentiments politiques ou autres. "Faire une de foi. Faire sa de foi politique."
"Faire d'une religion," Être d'une religion, l'exercer, la pratiquer ouvertement. On dit aussi, "Faire d'une doctrine."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de Tous les différents états et de tous les différents emplois de la vie civile. "De quelle est-il? Quelle est sa ? Embrasser une . Choisir une . Vivre selon sa . La d'avocat, de médecin. La des armes. Exercer une . C'est une pénible et d'une grande sujétion. Il est d'une fort honnête, fort honorable. Il est habile dans sa . Il est comme tous les gens de sa . Il s'y trouva des gens de toutes sortes de s. Il est tailleur de , de sa ."
"Un dévot de ," Un homme qui affecte de passer pour dévot; et, "Un athée de ," Un homme qui se dit athée, qui affiche l'athéisme.
"Un joueur, un ivrogne, un libertin de ," Un homme qui est dans l'habitude de se livrer au jeu, à l'ivrognerie, au libertinage.
"Un savant de , un érudit de ," Un homme qui se consacre à l'étude des sciences, à l'érudition.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, L'acte par lequel un religieux ou une religieuse fait les voeux de religion, après que le temps de son noviciat est expiré. "Assister à la d'un religieux, d'une religieuse. Il a fait dans tel ordre. Un religieux, une religieuse ne peuvent faire qu'à un certain âge. Depuis sa . Il a trente années de ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Déclaration publique. "Je fais d'être votre serviteur, j'en fais une publique, une solennelle".
On dit, qu'"Un homme fait d'être sincère, de tenir sa parole, etc." pour dire, qu'Il en fait son capital, qu'il s'en pique particulièrement.
On dit, "Faire une de foi," pour dire, Faire une déclaration publique de sa foi et des sentimens qu'on tient pour orthodoxes; et, "Faire d'une Religion," pour dire, Être d'une Religion, en faire ouvertement l'exercice. "Pour posséder un Bénéfice consistorial, il faut faire une de foi entre les mains de l'Évêque ou de son Official".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Profession, se dit aussi De tous les différens états et de tous les différens emplois de la vie civile. "De quelle est-il, de Robe, d'Epée, ou d'Église? Embrasser une . Choisir une . Vivre seion sa . La d'Avocat. La de Médecin. La des armes. Exercer une . C'est une pénible et d'une grande sujétion. Il est d'une fort honnête. Il est habile dans sa . Il est Chirurgien de , de sa . Il est fort honnéte homme dans sa . Il s'y trouva des gens de toutes sortes de professions".
On dit d'Un homme qui affecte de passer pour dévot, que "C'est un dévot de ;" et d'Un homme qui se dit athée, "C'est un athée de ".
On dit aussi d'Un homme qui est dans l'habitude du jeu, de l'ivrognerie, du libertinage, etc. que "C'est un joueur, un ivrogne, un libertin deprofession".
On dit d'Un homme qui a fait des ouvrages savans, que "C'est un savant de ". On dit aussi, "Un érudit de" "profession;" mais cela se dit en dénigrement, d'Un homme qui étale une érudition abstruse.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Profession, signifie encore, L'acte solennel par lequel un Religieux ou une Religieuse fait les voeux de Religion après le temps de son Noviciat expiré. "Assister à la d'un Religieux, d'une Religieuse. Il a fait dans un tel Ordre. Un Religieux, une Religieuse, ne peuvent faire qu'à un certain âge. Depuis sa . Il a trente années de ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Déclaration publique. "Je fais d'être votre serviteur, j'en fais une publique, une solennelle."
On dit, qu'"Un homme fait d'être sincère, de tenir sa parole, &c." pour dire, qu'Il en fait son capital, qu'il s'en pique particulièrement.
On dit, "Faire une de foi," pour dire, Faire une déclaration publique de sa foi & des sentimens qu'on tient pour orthodoxes. Et, "Faire d'une Religion," pour dire, Être d'une Religion, en faire ouvertement l'exercice. "Pour posséder un Bénéfice consistorial, il faut faire une de foi entre les mains de l'Évéque ou de son Official."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi De tous les différens états & de tous les différens emplois de la vie civile. "De quelle est-il? Est-il de robe, d'épée, ou d'Église? Embrasser une . Choisir une . Vivre selon sa . La d'Avocat. La de Médecin. Exercer une . C'est une pénible & d'une grande sujétion. Il est d'une fort honnête. Il est habile dans sa . Il est Chirurgien de , de sa . Il est fort honnête homme dans sa . Il s'y trouva des gens de toutes sortes de s."
On dit d'Un homme qui affecte de passer pour dévot, que "C'est un dévot de ."
On dit aussi d'Un homme qui est dans l'habitude du jeu, de l'ivrognerie, que "C'est un joueur, un ivrogne de ."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie encore, L'acte solennel par lequel un Religieux ou une Religieuse fait les voeux de Religion après le temps de son Noviciat expiré. "Assister à la d'un Religieux, d'une Religieuse. Il a fait dans un tel Ordre. Un Religieux, une Religieuse ne peuvent faire qu'à un certain âge. Depuis sa . Il a trente années de ."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Aveu public. "Je fais d'estre vostre serviteur, j'en fais une publique. une solemnelle".
On dit, "Faire une de foy," pour dire, Faire une declaration publique de sa foy, & des sentiments qu'on tient pour ortodoxes dans la Religion dont on est. Et on dit, "Faire d'une Religion," pour dire, Estre d'une Religion, en faire l'exercice.
On dit, qu'"Un homme fait d'estre sincere, de tenir sa parole, &c," pour dire, qu'Il en fait son capital, qu'il s'en picque particulierement.
"Profession," se dit aussi, De tous les differents estats & les differents emplois de la vie civile. "De quelle est-il? est-il de robe, d'espée ou d'Eglise. embrasser une . choisir une . vivre selon sa . la d'Avocat. la de Medecin. exercer une . c'est une penible & d'une grande sujettion. il est d'une fort honneste. il est habile dans sa . il est Chirurgien de , de sa . il est fort honneste homme dans sa . il s'y trouva des gens de toutes sortes de s".
On dit, d'Un homme qui veut passer pour devot, & qui n'embrasse la devotion que comme une espece de qui luy peut faire honneur dans le monde, que "C'est un devot de ".
On dit aussi, d'Un homme qui ne fait autre chose que de joüer, que "C'est un joüeur de ".
"Profession," signifie aussi, L'acte solemnel par lequel un Religieux ou une Religieuse fait les trois voeux de la Religion aprés le temps de son Noviciat expiré. "Assister à la d'un Religieux, d'une Religieuse. il a fait dans un tel Ordre. un Religieux, une Religieuse ne peuvent faire qu'à un certain âge".




Emplacement dans le dictionnaire :

profaner
profectif
profection
proferer
proférer
profès
profés
professer
professeur

professionnalisme
professionnel
professionnellement
professoral
profil
profilé
profiler
profit
profitable
profitant
profiter




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...s'acquitter de cette fonction ; la vie économique, parce qu'elle est très spéciale et qu'elle se spécialise chaque jour davantage, échappe à leur compétence et à leur action. L'activité d'une profession ne peut être réglementée efficacement que par un groupe assez proche de cette profession même pour en bien connaître le fonctionnement, pour en sentir tous les besoins et pouvoir suivre toutes leurs...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...et qu'elle se spécialise chaque jour davantage, échappe à leur compétence et à leur action. L'activité d'une profession ne peut être réglementée efficacement que par un groupe assez proche de cette profession même pour en bien connaître le fonctionnement, pour en sentir tous les besoins et pouvoir suivre toutes leurs variations. Le seul qui réponde à ces conditions est celui que formeraient tous les...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...se trouve en contact avec tel autre ; ce n'est pas le corps industriel de telle ou telle spécialité qui se réunit pour agir en commun. Exceptionnellement, on voit bien tous les membres d'une même profession s'assembler en congrès pour traiter quelque question d'intérêt général ; mais ces congrès ne durent jamais qu'un temps ; ils ne survivent pas aux circonstances particulières qui les ont suscités,...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...même à l'intérieur d'une même catégorie industrielle ; et comme chacun d'eux est indépendant des autres, s'ils ne se fédèrent et ne s'unifient, il n'y a rien en eux qui exprime l'unité de la profession dans son ensemble. Enfin, non seulement les syndicats de patrons et les syndicats d'employés sont distincts les uns des autres, ce qui est légitime et nécessaire, mais il n'y a pas entre eux de...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

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